Chroniques d'une famille pied noir dans les années 50.
Je n’ai jamais vraiment porté Louisette dans mon cœur. Pourtant elle n’est pas méchante, Louisette, mais elle éprouve un malin plaisir à me prendre en traître.
Elle est la sœur de Tonton Fernand. Elle habite Jean Bart à quelques kilomètres d’Alger, et elle rend parfois visite à sa belle-sœur, Tata Jeannette. Elles viennent alors toutes deux passer l’après-midi à la maison. Louisette a pour Tata Dédée une affection toute particulière et elle lui apporte chaque fois une boîte de gâteaux. Ce sont de petits soufflés au chocolat, de la taille d’un doigt, qui fondent sous la langue comme une meringue succulente. Inutile de dire que j’adore ça, moi aussi, et Louisette le sait bien.
Quand elle débarque je vais toujours me cacher dans la petite chambre derrière la tenture bleue. Dans mon innocence j’imagine ma cachette inviolable, bien que ce soit toujours la même. De là j’entends sa voix haut perchée qu’elle élève ostensiblement. Je sais fort bien qu’elle me surprendra tôt ou tard. J’en tremble d’avance, partagé entre la peur et l’impatience du moment où, infailliblement, elle tirera la tenture et me saisira pour m’emporter dans le jardin. Mon cœur bat violemment comme si l’Ogre du Petit-Poucet allait fondre sur moi, et ce n’est pas une anodine comparaison.
En fait, en bonne joueuse, Louisette fait durer le plaisir et cela tourne franchement au rituel. Nous en connaissons tous deux le cérémonial. Mon appréhension trouve écho chez elle dans une sorte de jubilation amusée et gourmande. Sa mise en scène commence par les civilités d’usage dont elle accentue l’emphase. Je l’imagine aujourd’hui faisant un clin d’œil à Mémé pour en faire sa complice :
- Alors ? Antoinette, ma fille, ça va ?… Aïe ! toujours la même, ma parole tu changes pas !… La purée de toi, tu restes comme le Bon Dieu il t’a fait ! Comment tu fais, dis ?
- Je fais comme je peux, ma fille ! A la grâce de Dieu !
- Inch’allah ! … Et Dédée, alors ?
Alors,… alors,…. J’entends ses talons claquer sur les carreaux et se diriger auprès de Tata Dédée, dans la petite-pièce-du-fond.
- Et alors dis, toi, t’as la belle vie !… Toujours couchée comme une princesse et belle comme une reine !… T’as un « novio » ou quoi ?…Et tu le caches où ton Roméo ?… - puis se penchant vers elle pour lui péter des bises sonores – Aïe ! comme t’y es belle ma fille ! Je suis contente de te voir, tu sais Dédée.
- La purée, tu crois ça que c’est la belle vie, toujours couchée !
- Et je sais, je sais, ma fille. Le Bon Dieu, il fait parfois des drôles de choses. Mais les larmes, ça fait partir la couleur des yeux. C’est pas mieux d’en rire, non ?… T’as bonne mine va, c’est ce qui compte, ma fille, grâce à Dieu et Dieu merci !
- Grâce à Dieu et Dieu merci tout va bien en ce moment – intervient Mémé pour couper court aux propos de Louisette qui finirait sans doute par être maladroite à force de gentillesses.
J’imagine la scène inévitable : Louisette sort de son sac la boîte de soufflés au chocolat, la dépose entre les mains de Tata Dédée et ôte le bolduc qui la ficèle.
- Tiens, ma fille, tu devines ce que c’est ?
- T’ es toujours la même… Ce qui est sûr c’est qu’on n’a pas besoin de dents pour ça, ça fond tout seul sur la langue.
- T’as raison, c’est comme les hosties, mais c’est meilleur goût. – et elle hausse le ton. – C’est juste pour toi. Tu promets que t’en donneras pas au petit. Mais il est où, vous l’avez vendu au marchand d’habits, ou c’est « Galoufa » qui l’a pris, ou quoi ?
Tata Jeannette, jusque là spectatrice silencieuse, touche sans le vouloir, un de mes points sensibles.
- Et oui, Louisette, c’est un petit « francaoui » tu sais, et il est retourné en France chez son papa et sa maman.
Je bondis de la chambre, les yeux allumés par la colère.
- C’est pas vrai, je suis pas parti en France. Je suis pas « francaoui », moi. Je suis pied-noir comme Mémé et comme toi… Et puis d’abord je suis né chez toi, chez la P’tite-Mémé, au 37 avenue Maréchal Foch. Tu sais bien, non ?
Les quatre femmes éclatent de rire. C’est une conspiration contre moi, et je promets d’en parler le soir-même à Pépé, qui, assurément, prendra ma défense. Entre hommes il y a forcément une nécessaire solidarité. De rage je détale et vais m’asseoir sur les marches de Madame Ernestine, loin d’elles, dans le dernier renfoncement de la cour intérieure. Je ne suis pas d’un naturel boudeur et mon exil ne s’éternise pas. Je reviens à la maison. Mémé a installé Tata Dédée dans la salle à manger, à côté de la porte et elle s’est assise tout près dans le jardin, avec Louisette et Tata Jeannette. Elles m’ignorent. Je m’approche, l’air de ne pas y toucher, chantonnant à mi-voix « Voulez-vous danser Grand-mère ». Louisette remarque ma présence la première.
- Tiens t’as allumé la T.S.F., Antoinette, on dirait qu’il y a quelqu’un qui chante ?
- C’est moi !
- T’es donc là ? – demande Louisette – Mais dis-moi, c’est vrai que t’es « pataouète », toi ? T’es pied-noir comme « nous zotres », alors ? Fais voir à Tata Louisette, la couleur de tes pieds, pour voir si c’est vrai. Alleeeeeeez, fais voir mon fils !
- D’abord mes pieds sont noirs comme les tiens, et ensuite t’es pas ma Tata.
Bien qu’elle l’ait toujours souhaité au fond d’elle même je n’ai jamais voulu l’appeler Tata. Chez nous, les enfants donnent du Tonton ou du Tata à tous les adultes de la famille, qu’ils soient ou non des oncles ou des tantes. Dans ma petite tête Louisette est une étrangère que je n’autorise pas à entrer dans le cercle familial. Elle peut bien prétendre au « tata », moi je m’y refuse obstinément. En fait, la vraie raison tient à ses taquineries qu’elle ne va pas manquer de me faire subir avant de partir. Après le cadeau des soufflés le deuxième acte de la tragi-comédie commencera immanquablement. Ça, je le sais et je redoute le moment où elle va se mettre en chasse.
- Alors je suis pas ta Tata Louisette, moi ?
- Non !
- « Aouah ! » C’est vrai ? Et pourquoi, mon fils, je suis pas ta Tata Louisette, moi ? Tu m’aimes pas à moi, (1) alors ?
- Oui !
- Aïe ! la purée de lui, il m’aime pas, ce petit… Mais moi je l’aime !
Et comme à chaque fois, j’ai beau être sur mes gardes, je me fais avoir. Je ne me méfie pas ou j’imagine qu’elle n’y parviendra pas, mais elle saute de sa chaise et se jette sur moi. Elle immobilise mes bras dans mon dos, me serre contre elle, et commence à me dévorer.
- Qu’il est beau mon fils ! Aïe, qu’il est beau !… Je me le mange, ô oui, je me le mange ce « chiquette ». La purée que c’est bon ces oreilles-là, et ces joues toutes roses, et ce petit nez. Ah ! qu’il est bon ce petit bout de nez, je me le mange, je me le mange. Ah ! la bonne viande de « francaoui » !
Et allez donc ! Le supplice commence. Elle me mordille, me suçote, me grignote, me mâchouille les oreilles où elle enfonce le bout pointu de sa langue. Je hurle de dégoût, incapable de me libérer de son étreinte. Ah ! pour ça oui, elle me tient bien Louisette ! Je déteste ses élans d’ogresse, et, plus je me débats, plus elle me serre fort et plus sa bouche gloutonne broute mon nez, mes joues, mon menton et se prépare à gober mes yeux. Ma honte est à son comble quand je m’aperçois que le spectacle a des amateurs inattendus. Des « yaouleds » accrochés à la grille du jardin rient à gorge déployée. Mémé intervient alors et me prend dans ses bras.
- Mais c’est pour rire, bourricot !
- Ben moi j’aime pas rire avec elle. – et, campé sur mes petites jambes, les poings sur les hanches, je crache mon venin à Louisette – Je te déteste, je te déteste !
- Oh ! que c’est vilain ! Le Petit Jésus t’entends, tu sais, et tu vas le faire pleurer ! – fait remarquer Tata Jeannette sur un ton de reproche.
- Il la voit, elle aussi, et il la punira pour ce qu’elle m’a fait.
Louisette est aux anges. Elle jubile en voyant ma colère et elle rit de mes répliques.
- Mon Dieu, ma fille, quel petit ! quel petit ! Ma pauvre Antoinette t’as pas fini avec lui, il a réponse à tout… Ah ! T’es bien montée avec lui ! La purée !
- Il nous saoule des fois, tu sais. – renchérit Tata Dédée – Si tu savais quelle tapette il a, il n’arrête pas.
- Toi aussi t’as une bonne tapette, Tata.
Louisette saute sur l’occasion.
- Alors, à elle, tu lui dis Tata, et à moi tu veux pas ? Comment tu m’appelles alors ?
- Toi, je t’appelle pas.
- Tu me siffles alors ?
- Je ne siffle pas. C’est pas beau. Et puis Mémé, elle veut pas. Elle dit que c’est bon pour les voyous.
- « Popopopo », quelle langue ! C’est pas possible ça…. Et tu veux pas un soufflé au chocolat que Tata Louisette elle a apporté?
- Si !
- Allez, tiens mon fils, Tata Louisette elle te le donne de bon cœur, à toi.
Et elle me tend la boîte. J’hésite un instant, juste pour la forme. Je suis trop tenté car j’adore les soufflés au chocolat. Je n’ai d’ailleurs jamais retrouvé leur goût délicieux, leur fondant suave. Je me sers et elle fait mine de se jeter de nouveau sur moi en prenant une grosse voix d’ogresse. Comme elle se dresse, bras levés tel un monstre se jetant sur sa proie, je détale au bas du jardin et trouve refuge sur mon citronnier. Là je suis tranquille. C’est ma vigie de rêveur. J’imagine que ma grimpette m’élève loin de tout danger. Je vole littéralement, hors de toute atteinte, sûr d’être imprenable. Je monte très haut, je ne sais où exactement, mais je suis délicieusement bien, je suis léger, très léger, prêt à planer avec les oiseaux. Quand Louisette est là, mon aventure passe par la caverne du dragon qu’il faut vaincre et je suis le preux chevalier victorieux de l’épreuve, comme dans les contes de Madame Ernestine. En ces moments-là le soufflé au chocolat est encore plus délicieux. Il a le pouvoir de l’élixir magique et salvateur dérobé au monstre des forêts profondes.
J’ignore combien de temps a duré mon rêve perché. La soif me fait descendre de mes sereines altitudes, et ma bonne grand-mère m’entraîne dans la cuisine.
- Tu veux quoi ?
- Un café-bu.
- Un grand bol ou un petit bol ?
- Un grand.
Je suppose que cet échange doit paraître étrange pour qui n’est pas au fait de notre langue-du-quatre-heures. J’ai droit au café-bu ou au café-trempé pour mon goûter. Le café-bu consiste seulement en un bol de lait teinté de café que je prends généralement froid. Le café-trempé est chaud et je fais trempette avec des petits biscuits Brun. J’adore, comme Tata Jeanine, faire la purée en laissant ramollir dans le bol plusieurs biscuits que je déguste ensuite à la petite cuillère. Quant aux grands et petits bols, c’est une des créations verbales de Mémé. Le grand bol est un mug de l’armée américaine que Papa a rapporté du débarquement de Corse avec le paludisme contracté dans la plaine d’Aléria. Ce mug de porcelaine blanche épaisse et grossière, légèrement cintré en son milieu, m’est destiné. Mémé me rappelle sans cesse à son propos qu’il est un souvenir paternel de la guerre et qu’il impose à ce titre un respect particulier. Ce qu’elle appelle « petit bol » est tout simplement une tasse. Qu’importe après tout qu’un chat ne soit pas un chat. Le petit chat est mort et la tasse brisée par le lexique franco-valencien est devenue « petit bol ». Moi j’ai l’habitude des approximations linguistiques de Mémé. Nous avons notre Petit Larousse à nous qu’elle illustre avec tant de douceurs. D’ailleurs c’est comme « le pain frotté », autre gourmandise de mon quatre heures. Sur la croûte taillée dans la longueur du pain Mémé frotte une gousse d’ail, une tomate bien ferme qu’elle croquera ensuite, puis fait couler une filet d’huile d’olive et y ajoute une pincée de sel. J’adore ça et ça me change des plus prosaïques pain-beurre-et-sel ou pain-beurre-et-sucre.
Le café-bu avalé, je prends position sur le seuil de marbre blanc, aux pieds de Tata Dédée. Je surveille Louisette du coin de l’œil. C’est une femme replète, un peu plus grande que les autres femmes de la famille car elle culmine à tout casser au mètre cinquante-cinq. Elle porte ce jour-là une robe légère à petites fleurs multicolores sur fond mauve. L’encolure bateau et les petites manches ballons dégagent ses rondeurs bronzées. Le décolleté dénude sa poitrine dodue et lisse jusqu’à la naissance des seins, et lorsqu’elle rit bruyamment en jetant sa tête en arrière, toute sa chair tressaute de plaisir. Elle me fait penser à la comédienne Jane Marquen dont elle a le rire en cascades roucoulantes et la chevelure blonde, légèrement bouclée, retenue par deux peignes d’écaille de chaque côté des tempes et remontée en rouleau au dessus du front. Louisette est toujours maquillée, mais sans excès. Son rouge à lèvre carminé lui dessine une bouche en cœur qui lui donne des airs de grosse poupée. Le khôl souligne le velours noir de ses cils et un trait brun foncé marque l’arc de ses sourcils épilés. Tout cela lui compose une allure coquine et enjouée. Elle est bonne vivante. La vie pétille en elle, mais je préfère voir éclater loin de moi les bulles du champagne de sa vitalité.
Elle se lève prétextant un besoin urgent. Je la laisse passer. Elle revient à pas de velours, me saisis et m’enlève dans ses bras. Je crie de plus belle, craignant toujours ses effusions gloutonnes. A mon grand étonnement elle me chuchote d’une voix toute douce :
- Alors, tu les as aimé, mes soufflés ?
- Ben oui !
- T’en veux un autre ?
- Si tu veux.
- Bien sûr que je veux, bourricot ! Mais dis-moi, t’es vraiment pied-noir comme « nous zotres », toi ?
- Oui, et c’est Marraine qui l’a dit.
- Si Marraine l’a dit, alors c’est vrai. Tu m’en veux ?
- Non.
- Je te fais un petit « beso »?
- Mais tu mords pas.
- Non, promis, juste un tout petit « besito ». – elle me serre fort contre elle et met une
toute petite bise sur mon front en me déposant au sol. Elle m’offre un soufflé.
- Allez pioche, mon fils, vas-y !
J’en prends un.
- T’as deux mains, non ? Allez prends-en un autre.
- Faut en garder pour Pépé et Marraine.
Elle prend mon visage entre ses mains et je vois des gouttes de pluie dans ses yeux.
- Il a bon cœur ce petit, et il n’est pas rancunier. Reste comme ça, va, mon fils, reste comme ça, la purée, que le Bon Dieu il te protège, et qu’il te garde comme ça.
- Pour ça il n’est pas boudeur. – précise Mémé en me souriant.
- C’est sûr. – ajoute Tata Jeannette – Il est pas comme sa mère. Tu te rappelles Antoinette, Odette, quand elle était petite, comme elle boudait. Ah ! ma fille des heures entières quand elle était contrariée ! Elle montait là sur le compteur à gaz et impossible de la déloger.
- C’est vrai et ça mettait son père en colère. – ajoute Mémé.
- Baptiste n’aimait pas ça, et il suffisait qu’il lui montre du doigt la direction de la chambre pour qu’elle arrête.
- Oh ! oui, il était sévère, mais jamais, ça non jamais, il a levé la main sur elle ou sur sa sœur.
Louisette approche sa chaise de Mémé et de Tata Jeannette.
- Et comment ça va, Odette en France ? Elle s’habitue ? Ça doit être dur pour elle la vie là-bas. Elle doit la regretter l’Algérie.
- Ça va bien, ça va bien, grâce à Dieu et Dieu merci. Elle s’entend bien avec Daniel et il est gentil avec elle. Qu’ils s’accordent c’est tout ce que je demande au Bon Dieu !
- Qu’il t’entende. Et l’autre petit, ça lui fait combien maintenant ?
- Il va avoir trois ans au mois d’août. Aïe ! comme il est beau lui aussi, tu sais.
- C’est Yves je crois ?
Je les abandonne à ce petit frère que je connais mal et je vais planter mes oreilles ailleurs, sur mon citronnier où je me mets à regarder les passants dans la rue. J’aime ces moments de paix où il ne se passe pas grand chose, mais où mon esprit vagabond prête aux fatmas voilées et aux hommes enturbannés des mystères de Mille et Une Nuits. Je fais de superbes voyages vers des contrées imaginaires dont je sais, moi, l’existence certaine. Je vogue dans l’espace, emporté sur le tapis volant de mes rêveries, tâchant d’adoucir la séparation d’avec mes parents dont je perçois parfois le douloureux éloignement.
J’ignorais alors que mon retour en France, auprès de mes grands-parents paternels, serait vécu comme un désenchantement. J’ignorais que je laisserais derrière moi le plus grand bonheur de mon enfance, sur la terre qui m’a vu naître, cette Algérie d’azur et d’or où se sont élevés mes plus beaux chants d’amour. Je n’avais pas conscience des instants magiques que j’étais en train de vivre. Ils m’étaient offerts, et j’en jouissais comme un enfant reçoit naturellement et simplement l’amour des siens. Je ne connaissais que leur tendresse et ce bonheur si normal à mes yeux, était en fait un bien précieux qui me serait confisqué quelques années plus tard. Il est difficile pour un enfant d’imaginer qu’on puisse lui faire mal, alors qu’il a toujours fait confiance à son entourage.
Mes lendemains ne chanteraient plus. J’ignorais qu’il me faudrait inventer dans mes infortunes futures de petits trésors de joies, et je faisais sans le savoir des provisions de bonheur dont ma mémoire attiserait la braise pour me sauver. Les « horribles » taquineries de Louisette devinrent avec le temps les paillettes d’or du fleuve de ma vie. Aujourd’hui, Louisette, c’est moi qui te serre sur mon cœur ! Et pourtant j’ignore ce que tu es devenue, sans doute envolée dans l’air des souvenirs, comme toutes les tatas et tous les tontons qui ont accompagné mes premiers pas de petit homme.
(1) syntaxe fautive courante dans le langage pied-noir, sans doute héritée de la syntaxe espagnole